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5 questions à Jean Besnard, mareyeur chez Moulin Marée

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5 questions à Jean Besnard, mareyeur chez Moulin Marée

Depuis un peu plus de trois ans, Jean Besnard est à la tête d’une véritable institution sur le port de Lorient Keroman. Ce jeune homme d’à peine trente ans ne se fixe aucune limite pour pérenniser l’activité de Moulin Marée, entreprise de mareyage ouverte à la vente au détail.

Depuis un peu plus de trois ans, Jean Besnard est à la tête d’une véritable institution sur le port de Lorient Keroman.
Ce jeune homme d’à peine trente ans ne se fixe aucune limite pour pérenniser l’activité de Moulin Marée, entreprise
de mareyage ouverte à la vente au détail.

RENCONTRE EN 5 QUESTIONS

1. Comment êtes-vous venu au métier de mareyeur ?

C’est une histoire de famille. L’entreprise dont j’ai repris la gestion a été fondée en 1962 par mes grands-parent...

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4. Y a-t-il des critères particuliers qui guident votre stratégie d’achat ?

Tout dépend de l’espèce qui est ciblée, ou encore des débouchés. Lire la suite

2. Avez-vous suivi une formation spécifique ?

Après un BTS commerce international, et une première expérience professionnelle à Barcelone, j’ai intégré en 2003 l’entreprise...

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5. Quel regard avez-vous développé sur cette filière dont vous êtes un rouage central ?

Depuis mon arrivée dans ce métier, j’ai observé une diminution sensible des volumes que nous travaillons. Lire la suite

3. Quelles sont la vision et la méthode dont vous avez hérité afin de poursuivre cette aventure ?

On ne se donne aucune limite. Nous faisons du négoce et de l’expédition, mais aussi de la transformation... Lire la suite

Question 1.

Comment êtes-vous venu au métier de mareyeur ?

C’est une histoire de famille. L’entreprise dont j’ai repris la gestion a été fondée en 1962 par mes grands-parents du côté maternel, André et Christiane Moulin. Il aura suffi de quelques années pour qu’ils décident de la rendre accessible au grand public. Moulin Marée, c’est aujourd’hui 25 emplois pour un chiffre d’affaires d’environ 5,5 millions d’euros.

Question 2. Avez-vous suivi une formation spécifique ?

Après un BTS commerce international, et une première expérience professionnelle à Barcelone, j’ai intégré en 2003 l’entreprise que dirigeait alors mon père, Claude. Il a été pour moi un excellent professeur, patient et passionné. J’ai compris qu’un tel métier ne pouvait pas s’apprendre à l’école. On fait ses preuves sur le tas. Rien n’est acquis. Les journées peuvent être longues mais elles ne se ressemblent jamais.

Question 3. Quelles sont la vision et la méthode dont vous avez hérité afin de poursuivre cette aventure ?

On ne se donne aucune limite. Nous faisons du négoce et de l’expédition, mais aussi de la transformation avec du filetage fait main.

Nous nous efforçons de répondre à n’importe quel besoin sur des marchés bien distincts : particuliers, poissonniers, GMS, grossistes, collectivités, restauration commerciale… En travaillant sur tous les tableaux, on peut jouer de façon optimale avec les quantités et les marges. On travaille vraiment tout type de produits. Nous travaillons en direct avec plusieurs criées locales, Lorient bien sûr, le Guilvinec et Loctudy mais aussi Boulogne.

L’anticipation est devenue un facteur déterminant dans notre métier : avant même que ne soient effectuées les débarques, il faut aller à la pêche aux informations, être tenu au courant de la nature des apports, de leur provenance, tout en entrevoyant les marchés potentiels.

Question 4. Y a-t-il des critères particuliers qui guident votre stratégie d’achat ?

Tout dépend de l’espèce qui est ciblée, ou encore des débouchés. Bien connaître et respecter autant que possible la saisonnalité des produits, c’est évidemment primordial. Ensuite, acheter localement est souvent un gage de fraîcheur. Or la fraîcheur d'un produit rime avec qualité mais également avec des coûts limités de transport, de conditionnement et de stockage.

On peut deviner la qualité d’un poisson en vérifiant notamment le nom du bateau qui l’a débarqué, la technique de capture employée, ou encore le nombre de jours de pêche effectués.

De toutes les façons, l’aspect général du poisson, sa tenue, la brillance de son œil et de sa peau, la couleur des ouïes et des ventres trahiront forcément sa fraîcheur. Sur quelques produits, les moules par exemple, il convient également de s’assurer la régularité des approvisionnements en établissant une relation de fidélité avec un ou plusieurs fournisseurs ou en passant par des filières d’importation.

Question 5. Quel regard avez-vous développé sur cette filière dont vous êtes un rouage central ?

Depuis mon arrivée dans ce métier, j’ai observé une diminution sensible des volumes que nous travaillons. Je ne dirai pas nécessairement que nous avons gagné en qualité : à chaque produit correspond une histoire spécifique, une valeur distinctive.

Nous avons simplement le sentiment d’exercer notre métier en toute transparence, sans rien cacher. Pourtant, notre avenir n’est plus entre nos mains. Il se décide maintenant à Bruxelles. La politique européenne menace de bouleverser toute la filière, pêcheurs et mareyeurs. Il existe dans cette évolution un aspect positif qu’il faut retenir : nous sommes en train de développer une meilleure cohésion entre des métiers qui étaient autrefois antagonistes.

Propos recueillis par Bertrand TARDIVEAU

Mis à jour le 11 septembre 2026

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