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La ferme de Spano privilégie la qualité

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La ferme de Spano privilégie la qualité

Dans un site aux eaux de qualité, la ferme familiale de Spano, à Calvi, privilégie une faible densité et un nourrissage manuel de ses loups et daurades. Après le Label rouge, son dirigeant Paul Antonini vise l’indication géographique protégée.

Dans un site aux eaux de qualité, la ferme familiale de Spano, à Calvi, privilégie une faible densité et un nourrissage manuel de ses loups et daurades. Après le Label rouge, son dirigeant Paul Antonini vise l’indication géographique protégée.


PDM : Comment la notion de respect de l’environnement a-t-elle évolué dans votre élevage ?
Paul Antonini : Je suis le dernier aquaculteur installé en Corse, en 1994, et mon écloserie a suivi en 2004. Je suis venu progressivement à la notion de respect de l’environnement, car au début, on a la tête dans le guidon. Et puis j’ai rencontré Pierre Lejeune, directeur de la base scientifique Stareso, à deux pas d’ici, qui étudie depuis de nombreuses années les pressions anthropiques sur la baie de Calvi. Cette base effectue maintenant un suivi environnemental annuel de la ferme. De plus, elle opère tous les deux à trois ans un contrôle plus conséquent sur toutes les fermes de l’île, à la demande du syndicat des aquaculteurs corses, Mare e Stagni. Les travaux de l’université de Corse y ont également contribué. Tout cela a fait boule de neige.

En quoi le site de la baie de Calvi se prête à une production de qualité ?
La baie de Calvi est un site d’une exceptionnelle qualité, en partie en zone Natura 2000. De profonds canyons sous-marins proches de la baie, par le phénomène d’upwelling, l’alimentent en nutriments : phytoplancton, zooplancton, nitrates, sels nutritifs, matières organiques. La contrepartie, c’est que nous avons 60 à 80 jours de tempête par an durant lesquels nous ne pouvons pas approcher des cages. Mais cela nous fait des poissons musclés, car leur nageoire caudale est sans cesse en mouvement.

Comment se traduit concrètement ce respect de l’environnement ?
Dans le cadre de son programme d’études Starecapmed, la Stareso constate le peu d’impact de notre élevage sur l’écosystème. Nous avons un savoir-faire avec une faible densité d’élevage de 20 kg/m3. Nous avons une alimentation manuelle. S’il y a du stress dans les cages, nous interrompons le nourrissage. C’est possible car nous sommes une petite entreprise familiale. Si je jette l’aliment, je jette de l’argent et en plus, cela finirait par étouffer les fonds. Là, l’herbier de posidonie est toujours présent. Et les études menées par la Stareso sur la colonne d’eau et la chair du poisson démontrent que les doses d’une vingtaine de métaux sont bien en dessous des seuils imposés par l’Union européenne.

Quels sont les principaux critères que vous respectez pour garantir la qualité des poissons ?
Nous avons banni tout traitement antibiotique. Leur usage est évité par la faible densité, qui favorise le bien-être du poisson, les maladies se répandant moins. La ferme de Spano dispose également d’une écloserie, aux standards du Label rouge, pour les loups et les daurades. Le cycle de production est de deux ans. Cette qualité se retrouve également dans la nourriture, riche en huile et en farine de poisson. Cette démarche d’aller vers la qualité au-delà de la quantité s’effectue à l’échelle de la Corse. Partant de notre savoir-faire reconnu par le Label rouge, avec l’aide de Mare e Stagni, nous avons lancé la démarche pour obtenir l’indication géographique protégée (IGP).

Propos recueillis par Alain LEPIGEON

Bientôt du maigre

La ferme de Spano produit environ 25 tonnes de poisson par an, à 70 % du loup et à 30 % de la daurade. Elle élèvera l’an prochain du maigre, mais n’a pour l’instant que des reproducteurs. Le marché est en grande majorité local (via les poissonneries notamment) et un peu à l’export vers l’Italie. La ferme emploie trois personnes : Paul Antonini, son fils Ludovic et un employé.

Mis à jour le 11 septembre 2026

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